
L’architecture doit savoir s’effacer.
Et que reste-t-il quand tout est effacé ?
Il reste l’invisible…, c’est à dire l’essentiel : l’ombre et la lumière, l’espace et le temps, la légèreté et la transparence, les formes suggérées, le souffle imperceptible, les symboles intemporels, la fluidité d’un parcours…
Cela pourra vous paraître paradoxal, mais je suis convaincu qu’à son point ultime, l’architecture doit être une non-occupation de l’espace.
En d’autres termes, c’est l’espace lui-même qu’il faut utiliser comme architecture.
Il faut jouer avec ce qui existe, se fondre dans l’environnement.
En ce sens, je parlerais volontiers d’architecture de l’invisible.
L’homme doit passer du dehors au dedans, pour ainsi dire sans s’en apercevoir.
Si le fonctionnel épouse l’esthétique, ils ne font plus qu’un : c’est-à-dire qu’il reste non pas un bâtiment muré, mais quelque chose de beau à regarder et de bon à vivre, quelque chose de libre et sans frontière.
Pour que les relations soient de qualité, il faut que l’environnement le soit.
L’esthétique est libératrice.
On ne peut offrir du plaisir que part la qualité.
Extrait du discours d’Osaka – 15 oct 1991

